jeudi 8 août 2013

MUSIQUE NOISE-INDUSTRIELLE "FRANÇAISE"


La scène de musique industrielle en France est riche et ancienne, si l'on considère par exemple les débuts de Die Form dès la fin des années 1970.

Les groupes d'Indus (abréviation d'"industrielle") "pure", tel que défini dans l'article musique industrielle, et l'activisme politico-provocateur, les tactiques de choc chères aux premiers groupes, ont pourtant plus ou moins disparu, sauf chez quelques groupes "à l'ancienne" comme PPF et ICK, Brume, Servovalve, Nocturne ou G-Nox.

Mais nombreux sont les groupes français post-industriels, ambient, metal-indus, neofolk ou electro qui ont été influencés par la musique industrielle des origines, et continuent à s'en réclamer aujourd'hui.

Les origines - la scène industrielle française des années 1980

Cette section traite de la période essentielle où les musiques industrielles se sont internationalement développées dans toute leur diversité, participant à l'ensemble du mouvement underground dit "alternatif" ; il s'agit du début des années 80 où différents artistes et courants esthétiques vont devenir des référents pour le futur, malgré la confidentialité de leur travail à l'époque.

L'amorce...



Throbbing Gristle touche autant un public musical à travers ses expérimentations sonores que le milieu artistique de l'époque en quête de provocations subversives. Philippe Fichot crée Die Form en 1977 puis fonde le label Bain Total pour éditer sa musique. Les cassettes qu'il produit ont une présentation irréprochable (boitiers luxueux, pochettes imprimées ...) qui permet de répondre à la demande marginale sans se préoccupper de rentabilité.

En 1980, il édite aussi les premières cassettes d'Étant Donnés, le groupe de Marc et Eric Hurtado, puis son premier LP en 1982, Die Puppe. De leur côté Étant Donnés créent leur label Vita Nova sur lequel ils éditent leur premier EP Plutôt l'exil du cinq doré en 1983.


Jean-Marc Vivenza, qui jouait depuis quelques années dans des formations inspirées des premiers Kraftwerk, Glace (1976) puis Mécanique Populaire (1978/79), intervient début 1980 sous son propre nom : Vivenza, et tente d'adapter les thèses de L'Art des bruits des futuristes italiens aux techniques modernes d'enregistrement, et propose des pièces sonores purement « industrielles » au vrai sens du terme, à savoir, se revendiquant du bruitisme, uniquement réalisées à partir de sons ou plus exactement de « bruits » concrets issus de l'industrie lourde (sidérurgie, chimie, barrages, aciéries, etc) de la région Rhône-Alpes, produisant son premier single en 1983 Fondements bruitistes sur son label Electro-Institut.

Pierre Jolivet fonde Pacific 231 en 1980 et sort son premier LP Unusual Perversions en 1984 sur son label VP231 et fait quelques collaboration avec Brian Ladd de Blackhouse. Ce que ces artistes recherchent, c'est un impact musical extrême ; aussi leurs prestations scéniques sont des performances artistiques ou audiovisuelles bien différentes de celles de groupes plus traditionnels.

Dans un courant expérimental moins extrémiste, Déficit des Années Antérieures éditent leur première cassette en 1979, tandis que Art & Technique, aux sonorités plus synthétiques sortent le LP Climat X en 1980.

Jusqu'au milieu des années 80, le support standard de tous ces groupes est la cassette, les perspectives de distribution restant difficiles. L'objet correspond à ce réseau parallèle éloigné du grand public. Ptôse se font connaître d'un plus large public lors d'une interview des the Residents pour le magazine de grand tirage Actuel.

Le label Sordide Sentimental fondé par Jean-Pierre Turmel est un modèle de liberté artistique. Il édite le EP de Throbbing Gristle « We hate you little girls » en 1978 avec une pochette réalisée par Loulou Picasso. 

Le lien avec les graphzines est essentiel pour cette musique. Elle a besoin visuellement d'expérimentations graphiques et de tout le retour à la figuration primitive en vogue à l'époque. Il faut regarder du côté de Bazooka (Kiki Picasso, Olivia Clavel ...) ou Elles sont de sortie (Pascal Doury, Bruno Richard). On remarque que Joy Division sort le EP Dead Souls / Atmosphere sur ce même label en 1980.

Émergence et diffusion...

Il n'y a pas de revue spécifique à ce courant au départ, mais New Wave, qui laisse une grande part à l'underground, présente autant les groupes punk, cold wave, new wave, expérimentaux ou industriels. Ils en distribuent sur leur catalogue Al Di La et en produisent certains (comme la première cassette de Minamata en 1984).

Grâce aux contacts et informations trouvés sur les fanzines et les catalogues de distribution, les labels produisent des compilations qui contribuent à faire connaître de façon internationale les différents artistes. 

Les français y côtoient les artistes étrangers représentatifs du genre : Merzbow, Savage Republic, Lustmord, Nurse With Wound, SPK, Controlled Bleeding, Smersh, Legendary Pink Dots, Gerechtigkeits Liga, Esplendor Geometrico, Psyclones, Club Moral, Non Toxic Lost, Dada vrac Vacarme, P16D4, Blackhouse, Bande Berne Crematoire, Diseno Corbusier, FAR, Hertz hybrides, TAC, Maurizio Bianchi, La 1919, Bourbonese Qualk, Test Dept., Attrition, Ramleh, Einsturzende Neubauten, Human Flesh, Der Plan, Renaldo and the loaf, Die Todliche Doris, Tox Movement, Nocturnal Emissions, Dog as Master, 400 Blows, Hunting Lodge, Metamorphosis, Organum, Smegma, Asmus Tietchens, Das Synthetische Mishgewebe, Cranioclast, Bene Gesserit ...

Certains pratiquent des collaborations en échangeant des sons par courrier...

Le festival Nuit & Brouillard est l'occasion de présenter la scène française à son public les 4 et 5 octobre 1983 à Paris. Tandis que les têtes d'affiches sont les anglais de Whitehouse et les allemands de Sprung aus den Wolken, on y découvre aussi Berliner Luft (Vox Populi! + Pacific 231), Die Form, Art & Technique et Nox, qui fait une prestation remarquée (selon les articles de New Wave n°23 - novembre 1983).

Des revues vont se spécialiser plus en France comme Hello Happy Taxpayer, (à partir de 1983) et Out of Nowhere (à partir de 1988).

Cette vague débutée en Europe touche les Amériques, et au Québec, province francophone du Canada on verra émerger plusieurs groupes dans la même veine comme Q.R.N., Hertz Hybrides, Blind Hunters, etc...

Présentation historique

Les précurseurs

Die Form (origine : Bourg-en-Bresse en 1977 / label Bain Total)
Déficit des Années Antérieures (Caen en 1979 / Illusion Production)
Vivenza (Grenoble 1980 / Electro Institut)
Etant Donnés (Grenoble en 1980 / Vita Nova)
Pacific 231 (Paris en 1980 / VP231)
Ptôse (La Rochelle en 1980 / PPP)
Art & Technique (Paris en 1980)
Nox (Metz en 1982 / AKT)

Première vague

Manon Anne Gillis (Bordeaux en 1982 / DMA2)
Denier du Culte (Annecy en 1982 / Actéon)
DZ Lectric (Dijon en 1982)
AIZ (Toulouse en 1982)
Le Syndicat (Paris en 1982)
Geinst Naït (Nancy en 1983 / Permis de Construire)
Minamata (Tours en 1984 / Les Nouvelles Propagandes)
Prima Linea (Rennes en 1984 / Acta de Facto)
Kni Crik (Paris en 1984 / VISA)
La STPO (Rennes en 1984)
Les 3 Phallus, (Lyon en 1984)
Urbain Autopsy (Pantin Paris en 1984 / Medicinal Tapes) 

Deuxième vague

The Grief (St Malo en 1985 / Les Nourritures Terrestres)
Toy Bizarre (Limoges en 1985 / Kaon)
Brume (Paris en 1985)
R. Mutt (Toulouse - 1985 / Chambre Noire)
Dada vrac Vacarme (Paris en 1985)
La Nomenklatur (Tours en 1986 / Les Nouvelles Propagandes)
Lieutenant Caramel (Annecy en 1986 / Actéon)
Aschwghâ Ney Wodeï (Paris en 1986 / VISA)
La Sonorité Jaune (Paris en 1986 / Organisation Orange)
Caca flac Cascade (Sherbrooke – Dijon 1986 / Intox)

Hertz Hybrides (Montréal-Toulouse 1987 / Intox)
Phaeton Dernière Danse (Annecy en 1987 / Dedali Opera)
Désaccord Majeur (Amiens en 1988 / DM)

Palo Alto (Paris en 1989)
Panorama des groupes industriels français, par genres

Musique industrielle « pure »

Étant Donnés : Ce groupe aura réussi à créer une œuvre remarquable en quelques albums, films et performances théâtrales, incontournables. Groupe pluri-disciplinaire (en plus de la musique, théâtre, films, écrits), dont l'esthétique repose sur les travaux de Marcel Duchamp pour le nom du groupe qui fait référence à son œuvre la plus célèbre, ainsi qu'aux écrits du sulfureux Antonin Artaud et son Théâtre de la cruauté.

Vivenza : Se revendiquant de l'héritage du « futurisme bruitisme » de Luigi Russolo (1885-1947), développa une thématique sonore et visuelle originale à la rare radicalité (les concerts étaient souvent à la limite du supportable sur le plan de l'intensité acoustique) et intransigeante rigueur, thématique sous-tendue par une réflexion philosophique portant sur l’« essence de la technique » et le « dynamisme dialectique du devenir », réflexion qui débouchera, par une attention extrême touchant à la question de la « négativité », sur une réorientation purement métaphysique et théorique de son activité.

Pacific 231 : voir Pacific 231

Le Syndicat : Groupe de performers bruitistes parisien n'utilisant pas d'instruments conventionnels mais des bruiteurs et un appareillage electronique complexe de sa fabrication. Également label de cassettes autoproduites ayant édité 21 cassettes dont Merzbow, Pacific 231, Blackhouse, Controlled Bleeding... Édité d'abord par RRR en 1986(triple LP boxset Vorgine, relapse, Delikatessen), Le Syndicat a ensuite réalisé trois autres albums et trois CD's. À la fin des années 1980, le syndicat produit une electro musclée assez éloignée de son bruitisme sauvage des années 1980.

Dada vrac Vacarme : voir Dada vrac Vacarme 

Caca flac Cascade : Projet collectif d'activistes initié par le groupe Dada vrac Vacarme, ayant été des précurseur de la vague industrielle. Caca flac Cascade est un groupe canadien considéré comme étant industriel tribal chamanique expérimental canadien, pionnier de ce genre.

Nox : Groupe Industriel tribal parisien, indus précurseur.

Musique noise expérimentale

- Anne Gillis
- Dada vrac Vacarme
- Déficit des Années Antérieures
- D'Incise
- Denier du Culte
- Lieutenant Caramel
- Giscard le Survivant
- Hertz Hybrides
- Ptôse
- Planetaldol
- R. Mutt
- Singha
- Tzii
- Mono
- Gestalt OrchestrA
- Electro, EBM, Metal industriel

Die Form : Excellente formation electro-indus et néoclassique, pluri-disciplinaire (photos, clips, etc), dont l'esthétique (souvent très érotique et proche des milieux fetish-SM) en plus du Théâtre de la cruauté d'Antonin Artaud, fait référence à Sade le « divin marquis ».

Le Syndicat : À la fin des années 1980, le groupe power electronic bruitiste Le Syndicat donne dans l'EBM très musclée.

Industriel rythmique, « power noise »

G-Nox : Ex-leader du Groupe NOX, Gerome Nox début son projet solo avec l'ablum Red-blood Puppies sorti chez Moloko +, puis l'album Ventre sorti en 2003 chez M-Tronic Records.

Servovalve : projet multimédia expérimental industriel de Grégory Pignot and St. Alia sorti chez UWe & M-Tronic Records.

HIV+ : DJ Pedro est l'un des plus anciens activistes indus du sud de la France, et sort des albums sous le nom de HIV+.

Karceral Flesh : projet solo de l'ancien chanteur de Stigma

Lith : Apparu en 1996 et héritier de l'école Dive autant que des groupes Ant-Zen mélangeant indus bruitiste et techno, Lith s'est imposé peu à peu avec son electro ultra bruitiste et rythmique, porté par un discours fortement écologiste.

Margaret Freeman : Projet de deux ex membres de Urbain Autopsy (Chris.P. et Overload System (futur Mass Hysteria)). Voir : http://overload-system.wifeo.com/archives-margaret-freeman.php

Minamata : Projet de Tiburce avant La Nomenklatur qu'il abandonnera pour revenir à Minamata en 2000. Seul groupe du début des années 1980 à avoir rivalisé la fureur et les cris de Neubauten ou Whitehouse. Devenu culte avec le temps. Minamata connait un regain d'activité en 2007 avec un superbe concert concept à Anvers. En 2009 le groupe crée une performance à la Tonwellen Konferenz 2 de Burscheid (Allemagne). En octobre 2009, Minamata entamera une mini tournée de sept dates en Russie dont un concert à Saint-Pétersbourg, deux à Moscou. 

Minamata a sans cesse évolué depuis cette année 2009. Développant un VJING très spectaculaire alliant puissance audio et visuels en temps réel, Minamata connait un vif succès qui s'est admirablement confirmé au ZugZwang Festival de Darmstadt en 2010, et plus récemment au festival de Wroclaw (pologne) en 2011. En 2012, Minamata revient aux origines Japonaises de sa création en développant un nouveau spectacle sur Fukushima et ses conséquences.

Neon Rain : produit par le label Steelwork Maschine qui en quelques années est devenu l'un des plus importants de France (en nombre de sorties), Neon Rain va de l'indus bruitiste au dark ambient en passant par des expérimentations pop.

Propergol : ?

Remain Silent : Apparu en 2003 sur le label Brume Records puis sur Axesscode en 2005, ce projet allie des visuels en image de synthèse à des musiques inspirées de formation telles que Skinny Puppy ou Numb. Depuis 2007 l'ensemble du projet est disponible librement sur le site officiel et archive.org.

Stigma : Groupe de Stasbourg qui à sorti deux albums (Ant-zen/Daft records)

Les Tambours du Bronx : Le groupe français de la scène post-industrielle le plus connu. Son œuvre est marquée par des percussions et une puissance scénique hors norme. Là aussi, un groupe devenu incontournable et un des derniers à continuer la tradition.

Trublion 23 : ?

Low Distortion Unit : projet rock et électro expérimental industriel de Thierry Th. Desseaux et Lucas_a. Le groupe LDU a notamment composé les musiques du jeu vidéo Alone in the Dark (4) : The New Nightmare.

Indus martial, neofolk, dark ambient :

Advocated Apocalypse : Projet musical évoluant dans un style néo classique, indus martial et dark ambient

Barbarossa Umtrunk : Projet rituel et indus martial influencé par la Gnose et la Mythologie Indo-Européenne qui dessine des atmosphères "guerrières", "apocalyptiques" et "ésotériques".

Dawn and Dusk Entwined : Projet indus martial et dark ambient, produit par World Serpent puis par Athanor, marqué par un esprit « europaïen ».

Dernière Volonté : Groupe de « Military Pop » évoluant vers une musique entre pop et indus martial.

Désaccord Majeur : L'un des plus anciens groupes ambient de cette scène (une quinzaine d'années d'existence), marqué par des influences « ethniques ».

Flesh On Steel : ?

Land : Débuté dans les années 1980, un groupe puis projet solo qui est allé de la new-wave au dark ambient.

Les Joyaux de la Princesse : L'un des groupes les plus populaires depuis les années 1980, ayant assis son style sur l'utilisation d'archives sonores (essentiellement des discours politiques) et de problématiques liées à la Première Guerre mondiale ou à l'Occupation.

Les Sentiers Conflictuels : Projet discret signé sur Athanor se situant entre dark ambient et néoclassique, marqué par la pensée et l'histoire européenne de la fin XIXe / début XXe.

Omnicore : Duo indus martial aux débuts plus electro.

Regard Extrême : Projet solo qui c'est notamment fait connaître de par son travail aux côtés des Joyaux de la Princesse. La musique s'inscrit dans une tradition « néoclassique ».

Tribe of Circle : Projet solo articulant son œuvre autour d'une musique néo-classique puissante.

Westwind : Projet industriel martial breton, qui a sorti plusieurs CD et LP consacrés à des thèmes guerriers comme les Kamikaze ou la destruction de Brest.

Liyr : Projet solo indus martial.

Les labels industriels français (par ordre alphabétique) :

Archetyp : Label orienté dark ambient tenu par Marco, chroniqueur sur le webzine Guts of Darkness.

Athanor : Label et distributeur très porté sur les musiques ambient rituelles et marqué par un véritable investissement ésotérique.

Ark-Aïk : Label industriel breakcore et hardcore (Ybrid, lingouf, Di-om, Anth-ybio, Moha-tyb...)

Axesscode : Organisateur de soirées industrielles et electro à Montpellier, qui s'est lancé également dans la production de CD.

Bain Total : Label industriel et électronique principalement de Die Form et premiers travaux d'Etant Donnés

Brume Records : Label dédié aux expérimentations electroniques, allant de l'electronica au dark ambiant avec des artistes comme Flint Glass, 0il 10, Zonk't, OTX, Empusae, Lith, Remain Silent...

La Cadera (1995 - 2003) : Label messin porté sur le style néoclassique.

Le Colibri Nécrophile : Label Hors Norme (1998), devenu netlabel (depuis 2001) dont les œuvres sont toutes en téléchargement libre.

Cauldron Music (1997-2007): Label « allié » de La Cadera, dans le registre néoclassique, néofolk, industriel

Divine Comedy Records : Label culte qui produit de superbes objets et albums industriels ou rituels néo-classiques à des tirages rares limités à 1 000 exemplaires

Electro-Institut : Label créé par Vivenza en 1980, et sur lequel il produira la totalité de ses travaux bruitistes, dont Fondement Bruitistes en 1984, et Réalités servomécaniquesen 1985.

Front de l'Est : l'un des plus anciens et plus importants distributeurs français.

Kaosthetik Konspiration : Label industriel axé sur l'art et l'esthétique et diverses kollaborations exceptionnelles, telles que Desiderii Marginis, Halo Manash, Aere Aeternus, Caithness, Treha Sektori ou encore avec le magazine JUDAS KISS et la Revue Angst.

M-Tronic Records : Label d'Industriel et Electronica avec ; G-Nox, Servovalve, Blackhouse, Savak, Zymosiz, Millimetric, Geomatic, Ex_Tension, Dither, Mnemonic, Beefcake, Displacer, I:Gor/Adapter, Duuster, Kaltesglas, Cellular, Diakof etc.... aussi responsable de l'Industrial Festival de Cannes) et du festival Industrial Impact (Paris)

Medicinal Tapes : Label de cassettes, artistes internationaux (If Bwana, Esplandor Geometrico, Vivenza, The Haters etc...), distribution confidentielle dans les réseaux Mail Art.

La Nouvelle Alliance : Label responsable de sorties tel que PPF, ICK ou Blasterkorps.

Les Nouvelles Propagandes : Label de Tours puis de l'IDF, LNP est probablement la plus ancienne structure en termes de production et de distribution de musiques dites difficiles.

Nuit et Brouillard : Label et distributeur industriel, créateur également du festival Deadly Actions




Walnut + Locust : Label de musiques industrielles et expérimentales créé en 2003, issu du webzine du même nom

Les organisateurs de soirées et concerts français (par ordre alphabétique) :

aTELIER DE cREATION eXPERIMENTAL : organisateur de bruit à Tours auquel est attaché le projet Nocturne.

Axesscode : organisateur de soirées electro / indus à Montpellier.

Audiotrauma : association, label et organisateur de soirées et concerts de musique industrielle, de Strasbourg.

Industrial Impact : organisateurs de Concerts sur Paris (2001/2006) Industriel / IDM / Electro / Breakbeat / Ambiente

Kod.eX : organisateur de soirées & concerts electro / indus à Paris.

Kviar : association Montpellieraine dédiée à la promotion et à l'organisation de lives & soirées électro, industrielles dark.

Nuit et Brouillard : organisateurs de feu le festival Deadly Actions.

Silence Absolu : organisateur de concert power electronics à Paris.

MUSIQUE INDUSTRIELLE


La musique industrielle, fréquemment abrégé en indus, est un courant de la musique électronique apparu dans la deuxième moitié des années 1970, caractérisé par sa dissonance et l'importance accordée à l'expérimentation.

Tirant son nom d'un concept forgé par le groupe britannique Throbbing Gristle, elle met en avant les aspects les plus négatifs et lugubres du monde contemporain et vise à les traduire par ses agressions sonores.

Elle est à l'origine d'un grand nombre de sous-genres mêlant bruitisme, imagerie extrême, échantillonnages et collages sonores, instruments rock ou électroniques.

Les Précurseurs...

La musique industrielle puise ses racines dans les travaux et les réflexions des futuristes italiens du début du xxe siècle, en particulier les thèses de Luigi Russolo (1885-1947), notamment son manifeste intitulé L'Art des bruits, ainsi que dans les expérimentations sonores de John Cage ou des Français Pierre Schaeffer, Pierre Henry et Pierre Boulez à partir des années 1950.

Le courant a également puisé son inspiration chez certains écrivains contemporains, avec les descriptions de monstres anatomiques de James Graham Ballard ou William S. Burroughs et ses techniques de collages (cut-up).

Contexte...

Au cours des années 1970, le rock commence à s'essouffler et à perdre de son caractère révolutionnaire. Le mouvement punk marque cette coupure avec un rock vieillissant en prônant une position cynique et socialement engagée ; le punk rock est une musique agressive, hargneuse et énergique qui doit se consumer très rapidement (morceaux courts, sons saturés, critique politique radicale). Il cherche à signifier une urgence, une rupture à la fois réelle et infantile, mais son versant no future (« pas d'avenir », slogan popularisé par les Sex Pistols) empêche parfois la véritable construction d'une réflexion et la limite à une contestation aveugle et auto-destructrice.

Le bouleversement engendré par le punk ne dure qu'un temps : en 1978 déjà, le mouvement est devenu pour certains « une parodie de lui-même », récupéré par les medias et l'industrie du disque.

Naissance...

Si la musique industrielle naît en parallèle au punk, de ce même besoin de subversion d'un rock ankylosé, elle n'est à l'origine que son « parfait contemporain », « mais sans grand rapport avec celui-ci ».

Les origines du mouvement industriel remontent au 3 septembre 1975, lorsque la troupe de performers extrêmes COUM Transmissions décide de devenir Throbbing Gristle pour se consacrer à la musique et ainsi élargir son audience. Se posant en reporters du réel, leur musique se veut un reflet sans faille d'un monde perçu comme en pleine décadence.

En 1977, le groupe fonde son propre label, Industrial Records, et choisit pour slogan, sur suggestion de leur vieil ami Monte Cazazza, « Industrial Music for Industrial People » (« Musique industrielle pour peuple industriel »), et forge par là même un concept qui fera rapidement des émules. Il rejoint ainsi la myriade de petits labels indépendants, nés dans le sillage du punk que l'on désignera bientôt sous l'appellatif de post-punk, dont les plus emblématiques sont Rough Trade, Factory ou Mute.

Le chanteur de Throbbing Gristle, Genesis P-Orridge, explique que l'origine du mot « industriel », se réfère à l'industrie de la musique, à l'industrialisation de notre monde mais aussi à ce qui opère sur nous, ce qui nous contrôle. Le « blues » est né de l'esclavagisme. Mais personne ne se pose la question de savoir ce qui produit cet esclavage donc le « blues ».

Il suffit de se poser la question et de relire le mot «industriel» pour en comprendre son origine. Il suffit de suivre le regard du chanteur de « blues » non pas vers la profondeur de ce qu'il ressent mais vers cette maison « Victorienne » qui contrôle sa vie.

Dans la continuité des performances de COUM, Throbbing Gristle se distingue par une imagerie violente et subversive (projection d'images insoutenables, de pornographie, d'uniformes nazis...) qui fait sa renommée. Le local où ils vivent et créent leur musique, une usine désaffectée située dans le lugubre secteur de l'East End londonien, est baptisé « Death Factory » (littéralement « Usine de mort »), un surnom du Camp d'Auschwitz ; le logo d'Industrial Records sera d'ailleurs une photo non identifiée de la cheminée de ce camp.


Throbbing Gristle

Parallèlement, dès 1977 aux États-Unis, les groupes Pere Ubu et Devo développent un concept similaire et participent à sa diffusion en se qualifiant respectivement de « folk industriel » et de « groupe industriel des années 1980 ».

Première vague...

Rapidement d'autres groupes se rallient à la mouvance industrielle, dont certains avaient précédé la conceptualisation du mouvement.

Parmi ceux-ci, l'un des plus remarquables est sans doute Cabaret Voltaire. Également d'origine anglaise, apparu en 1974 dans une mouvance post-punk, ce groupe s'est intéressé au détournement de sons et de discours, au travail sur bandes magnétiques, dans une approche dadaïste de collage sonore.


De 1978 au début des années 1980, de multiples formations rattachées au courant industriel font leur apparition, principalement au Royaume-Uni mais également dans d'autres pays.

Parmi les principaux on peut citer 23 Skidoo, Current 93, SPK, Nurse With Wound, Whitehouse, Vivenza et Esplendor Geométrico.


Throbbing Gristle se sépare en 1981. Poursuivant le travail entrepris dans des directions variées, ses anciens membres fonderont d'autres projets avec plus ou moins de succès sur le plan commercial mais souvent avec les hommages de la critique musicale. Parmi ceux-ci on peut citer Coil, Psychic TV ou Chris and Cosey.

Une compilation nommée The Industrial Records Story 1976-1981, sortie sur Illuminated Record en 1984 réunit les artistes majeurs du label : Throbbing Gristle, Monte Cazazza, Leather Nun, Rental'Leer, SPK, Cabaret Voltaire, Elizabeth Welch, Clock DVA, Dorothy et William Burroughs.


Assez rapidement, les groupes pionniers de la scène industrielle connaissent une nette évolution au niveau des thèmes abordés, en passant d'une simple imagerie hideuse et cauchemardesque à une « fascination néopaïenne pour la magie occulte et les arcanes mystiques »

Essor de la scène industrielle...

Plus de trente années après sa création, la musique industrielle, bien qu'encore entourée d'une aura inquiétante, a été intégrée dans le panorama musical du xxe siècle.

Ce fait est sans doute lié au succès important remporté par certains groupes liés à la mouvance industrielle tels que Einstürzende Neubauten, Neuraztenik Class Struggle, Laibach ou Psychic TV ainsi qu'à son influence sur d'autres courants de la musique électronique.


Si au Royaume-Uni ou dans plusieurs pays d'Europe, en particulier l'Allemagne, la musique industrielle a connu des développements et des scènes florissantes.

Description

Il s'avère difficile de donner une définition précise de la musique industrielle en tant que genre musical ; les principaux groupes se sont évertués à traverser les grands courants musicaux : de l'« anti-musique » au rock en passant par des orchestrations symphoniques ou plus électroniques et acoustiques. Laibach, SPK et Test Dept sont de bons exemples de cette transversalité musicale. Pour beaucoup d'artistes industriels, il ne s'agit en effet pas d'être identifiable à une étiquette, mais bien d'utiliser des étiquettes existantes pour diffuser une idée ou un concept. En ce sens, on peut être amené à parler de « culture » industrielle plutôt que de « musique ». 

Le titre de l'ouvrage de référence de la scène industrielle Industrial Culture Handbook (littéralement Manuel de la culture industrielle) est une bonne illustration de cette idée.

La musique industrielle des débuts se distingue surtout par ses auteurs, la recherche artistique au travers de performances extrêmes, une attitude et un message hautement provocateur. La plupart des fondateurs de l'industriel ne sont pas spécialement musiciens, mais plutôt des intellectuels et des artistes performers, cherchant à secouer par un discours engagé un carcan social ou politique. Ainsi, leur production, loin de se limiter à la seule création musicale, incluait également d'autres formes artistiques comme la performance artistique ou l'usage d'installations, l'art postal, entre autres.

La scène industrielle se caractérise notamment par l'absence de leader patenté ou de mentor, les artistes ou les groupes travaillant sur des thèmes proches, raison pour laquelle on parlera facilement de « culture industrielle ». Jon Savage retient trois points communs à tous les acteurs de la scène, sous-tendus par les omniprésentes idées de subversion et de transgression :

Organisation autonome : Choix de créer ses propres réseaux de fabrication et de diffusion. Inutile de passer par des compagnies de disques officielles.

Accès à l'information : « Guerre de l'information » signifie que la lutte pour le contrôle n'est plus physique (conquérir un pays) mais liée à la communication. Le mouvement prête ainsi une attention toute particulière aux techniques de dissémination et de propagande de l'information.

Utilisations de sons synthétisés et de l'« anti-musique » : Recherche musicale poussée afin de recréer l'ambiance sonore de notre monde actuel par l'utilisation de sons synthétisés et non musicaux a priori.

Utilisations d'éléments extra-musicaux : Intégration d'éléments littéraires, philosophiques, spirituels, sexuels, de vidéos lors des concerts, dans les disques, livrets accompagnant les disques etc.

Tactiques de chocs : Utilisations d'éléments oppressifs lors de concerts (infrabasses, arcs électriques, verre pilé, murs sonores) afin de montrer le conditionnement des personnes et leur capacité à supporter de telles attaques. Des groupes comme Cabaret Voltaire, Throbbing Gristle, SPK, Caca flac Cascade, the Haters, provoquaient volontairement les spectateurs dans ce sens.

L'un des apports fondamentaux de la musique industrielle (et de la scène post-industrielle) est l'utilisation transversale des supports de diffusion, en particulier des médias de masse, mais appliquée paradoxalement à des idées et des créations souvent plus que confidentielles. Ainsi les tirages de disques dépassent très rarement les 1000 exemplaires, ce qu'on peut justifier par le coût élevé de production pour les artistes mais aussi par la volonté délibérée des acteurs du mouvement de rester confidentiels, notamment dans certains cas en multipliant les pseudonymes utilisés sur les disques par les mêmes artistes ou groupes, alors même que la notoriété déjà acquise pourrait permettre d'assurer le succès des ventes ultérieures (voir par exemple le cas de Coil), une caractéristique plus tard partagée avec de nombreux acteurs de la scène techno.

La scène post-industrielle sera aussi influencée par quelques personnages mythiques occultes et dangereux : Aleister Crowley (sorte de mage occulte moderne), Austin Osman Spare (sorte de chamane), le tueur en série Charles Manson.


Les relations avec les milieux occultistes entretenues par certains artistes post-industriels ont ainsi eu un apport concret en termes musicaux, dans la mesure où ils se sont intéressés au caractère ritualiste de certaines musiques, ainsi qu'à leurs potentialités en tant que support de concentration dans une pratique occulte. 

Un certain nombre de groupes, dont le plus connu est sans doute Coil, revendiquent une authentique dimension magique dans leur musique (souvent des pratiques de Magie du Chaos).


La scène industrielle et post-industrielle a gardé les grandes thématiques de ses prédécesseurs ; en cela, elle reste une culture populaire mais pas au sens commercial du terme ni au sens politique mais au sens de ce qui fait folklore dans la société moderne.

Sous-genre et genres associés...

Le terme même de musique industrielle pose aujourd'hui un vrai problème de terminologie, tant le champ d'expérimentation s'est élargi, faisant se côtoyer des expérimentateurs acharnés ne cédant en rien à la facilité, aussi bien que des artistes beaucoup plus accessibles, constituant une branche presque mainstream de ce mouvement. Malgré tout, on peut reconnaître une parenté entre ces différentes branches, que ce soit par le recours à une symbolique forte, une politisation assumée du message, le recours au bruitisme, la recherche de l'extrême, la mise en valeur du rythme, ou encore une utilisation particulière de l'électronique.

Bruitisme : Sans doute le terme le plus chargé d'histoire, puisque lié aux thèses développés dans le manifeste L'Art des bruits (1913) du futuriste italien Luigi Russolo (1885-1947). Il fut remis au premier plan de la scène musicale industrielle et popularisé au début des années 1980 par Vivenza qui en fit réémerger les fondements théoriques et pratiques. Le terme a été largement réutilisé ensuite jusqu'à devenir un genre à part entière (souvent simplement qualifié de noise, soit « bruit », en anglais) par de nombreux groupes, formations ou critiques musicaux.

Electronic Body Music : Cette musique dansante et minimaliste inaugurée par Front 242 au début des années 1980 constitue un chaînon manquant entre les pionniers de l'industriel et les débuts de la techno. Par la suite, le son de l'EBM évolue pour se rapprocher selon les groupes de la techno minimaliste et de l'IDM, se rapprocher de l'electro-indus et de la musique gothique avec la darkwave, ou bien tendre vers la new wave.

Electro-indus : Au cours des années 1980, le son industriel se structure et s'adoucit pour donner naissance à ce courant, une musique plus dansante qui n'hypothèque pas pour autant ses idéaux et sait préserver une démarche radicale. Front Line Assembly et Skinny Puppy en sont les groupes emblématiques.

Power Electronics : Variante bruitiste de la musique industrielle initiée par des groupes britanniques comme Whitehouse ou Sutcliffe Jügend. Né au début des années 1980, ce genre eu une grande influence sur le noise japonais et sur des groupes européens comme Genocide Organ ou Anenzephalia.

Harsh noise : Ce courants s'intéresse au bruit en tant que tel, cherchant à prendre à contrepied la conception esthétique commune de la musique comme agréable à l'oreille. Hautement expérimentaux, des projets d'avant-garde comme NON, Whitehouse, Caca flac Cascade, Merzbow ou encore Pacific 231 ont eu une influence dépassant les limites de ce genre.

Dark ambient : Ce proche parent de l'indus de la première époque et de la noise est une musique proche de l'ambient de par son absence de rythme, son recours à des nappes, des sons d'ambience d'origine naturelle.

Néofolk : Ce genre est issu de la volonté d'une poignée d'artistes tels que Current 93, Sol Invictus ou Death in June, issus de la scène post-industrielle, de créer une nouvelle musique folk européenne. Très influencé sur le plan du son par le mouvement folk anglo-saxon, ce courant s'intéresse à la culture et l'histoire de l'Europe, mêlant des thèmes tant paganistes que romantiques ou occultes.

Death industriel : Ce genre proche parent tant du power electronics que du death metal se caractérise par une musique pesante, proche du bruitisme, aux ambiances apocalyptiques et aux thématiques similaires à celles du death metal.

Rock industriel et metal industriel : Apparu dans le cadre des premières tentatives bruitistes de la scène no wave, le rock industriel des Swans ou de Fœtus applique une démarche industrielle et bruitiste à une sensibilité proche du punk. Cette approche se voit déclinée sous l'angle du heavy metal par Ministry, Godflesh, KMFDM, Nine Inch Nails, Die Krupps, Rammstein, ou Genitorturers avec sa théâtratalité SM pour obtenir un rock particulièrement percutant.

Power noise, techno-indus ou rhythmic noise : Ces appellations désignent une hybridation bruitiste de la techno hardcore apparue au cours des années 1990. C'est une variante purement rythmique de l'industriel, parfois très dansante, toujours puissante, représentée par des groupes tels que Savak, Republik of Screens, Vromb ou Winterkälte.

MUSIQUE INDUSTRIELLE
LISTE DE « CONTACTS »

Cette liste vous permet d’avoir accès à la biographie du groupe ou du musicien choisi et donne accès à des échantillons musicaux ou vidéos... Il s’agit simplement de cliquer sur le nom qui pique votre curiosité, et le tour est joué !

Alors c’est par ici que ça se passe !

LISTE DES GROUPES ET MUSICIENS « MUSIQUE INDUSTRIELLE »

Cette liste comprend des groupes (et musiciens) qui ont été pionniers de ce genre, ou sinon l’ont abordé de près ou de loin.

A
- Ab Ovo
- Abney Park
- À;GRUMH...
- Alan Vega
- Alter Der Ruine
- ANBB
- Angus McLise
- Animal Collective
- Arditi (groupe)
- Arsch Dolls
- Asmus Tietchens
- Atari Teenage Riot

B
- Belle de Jour
- Boris

C
- Cabaret Voltaire
- Caca flac Cascade
- Chris and Cosey
- Coil
- Controlled Bleeding
- COUM Transmissions
- Cranioclast
- Crash Course in Science
- Crash Normal
- Current 93

D
- Dada vrac Vacarme
- DAF
- Death in June
- Death Pact International
- De Fabriek
- Dernière Volonté
- Die Form
- Die Kaisergruft
- Die Tödliche Doris
- Dogpop
- Doldrums

E
- Einstürzende Neubauten
- Esplendor Geométrico
- Étant Donnes

F
- Faust
- Forbidden Planet
- Fred Frith
- Foetus (groupe)

G
- Geneviève Pasquier
- Godflesh
- Google Eyes
- Graeme Revell
- Grey Wolves
- GrprAA

H
- Hafler Trio
- Harry Bertoia
- Haus Arafna
- Headless Chicken
- Hertz Hybrides
- How to Destroy Angels
- Hunting Lodge

I
- ICK

J
- JMPZ
- Legendary Pink Dots
- Les Joyaux de la princesse

K
- Klutæ
- KLF
- KMFDM
- Kranioklast

L
- Laibach (groupe)
- Last Few Days
- Leæther Strip
- Life's Decay
- La Vampire & Zola Jesus
- Lustmord

M
- Malakwa
- Metal Urbain
- Meer-Staal
- Merzbow
- Mlada Fronta
- Mr. Dada
- Musick Wreckers
- MX-80
- My Life with the Thrill Kill Kult

N
- Negativland
- Nightmarish
- Nitzer Ebb
- Noise Unit
- NON
- November Növelet
=Nurse With Wound

O
- Onna
- Ordo Equilibrio

P
- Pacific 231
- Pain Teen
- PGR
- Position Normal
- PPF
- Psychic TV
- Puissance
- Puff Tube

Q
- Qrn

R
- Red Lorry Yello Lorry
- Revolting Cocks
- Richard H. Kirk
- R. Mutt
- The Revolutionary Army of the Infant Jesus

S
- Section 25
- Severed Heads
- Scorn
- Skinny Puppy
- Sol Invictus
- SPK
- Sprung Aus Den Wolken
- Sturm
- Suicide
- Suicide Commando
- Swans
- SYPH Synapscape
- Le Syndicat
- S.Y.P.H.

T
- Tackhead
- Les Tambours du Bronx
- Tamtrum
- Tape-Beatles
- Tapeworm
- Test Dept
- Theartre Commercial 
- This Heat
- Thorofon
- Throbbing Gristle
- Tuxedomoon

U
- Unter Null

V
- Velvet Acid Christ
- Von Thronstahl
- Vox Populi!

W
- Westwind
- Whitehouse
- Winterkälte
- The Wirtschaftswunder

Y
- Yell-O-Yell
- Young Gods

Z
- Zoviet France
- Zs

- 23 Skidoo
- 39 Clocks
- 93 Dead Sunwheel

mercredi 7 août 2013

DIY


Do it yourself (DIY) est une appellation, dont une traduction littérale en français serait « Faites-le vous-même », « Faites-le par vous-même » ou « Fais-le toi-même », qui désigne à la fois :

- certains musiciens ou mouvements culturels ;
- des activités visant à créer des objets de la vie courante, des objets technologiques ou des objets artistiques, généralement de façon artisanale.

Les groupes de musique DIY tentent de faire tout eux-mêmes, depuis la production de l'album jusqu'aux concerts, en passant par les actions de communication. Si ces choix sont souvent imposés par un manque de budget, ils sont aussi pour les artistes DIY une véritable volonté de marquer leur indépendance face aux grandes maisons et à l'industrie du disque en général.

En 2007, la croissance des ressources de DIY en ligne est en forte progression, et le nombre de propriétaires ayant un blog à propos de leur propre expérience ne cesse de croître de même que les sites web DIY d'organisations.

Philosophie "Do it yourself"...

On peut associer la formule "Do it yourself" au bricolage ou à la débrouillardise mais cela ne s'arrête pas là. Différentes choses s'apparentent à la philosophie "Faites-le vous-même" :

Toute activité où l'on n'est pas seulement spectateur ou consommateur...

Participer, et échanger ses connaissances, sa culture, son information, débattre et décider par exemple sur une encyclopédie libre, telle Wikipédia.

Le terme « DIY » englobe :

- Toute activité créatrice ; exemples : l'artisanat, ou la notion de création, avant l'ère industrielle.
- Tout recyclage, consumériste, technologique ou culturel.
- L'auto-édition de livres, magazines, bandes dessinées et de remplacement.
- Les groupes ou artistes solo libérant leur musique (musique libre) ou la finançant sans les maisons de disques.
- La culture de la cassette, et de la copie "privée" ou plus dans la culture punk.
- La création artisanale comme le tricot, la couture, les bijoux faits à la main, la céramique, etc.
- En informatique, les logiciels libres, ou le hack.
- Dans le façonnage d'objets, les fab labs
- En comédie, le détournement situationniste, ou tout simplement toute parodie.

DANS LA CULTURE « PUNK »...

Dans la culture punk, l'éthique DIY est liée à la vision punk anti-consumériste ; c'est un rejet de la nécessité d'acheter des objets ou d'utiliser des systèmes ou des procédés existants.

Le DIY comme sous-culture a sans doute commencé avec le mouvement punk des années ‘70. On peut noter cependant que la débrouille, le bricolage, les activités pour enfants, etc., existaient avant le mouvement punk DIY.

En musique les groupes punk émergents effectuent souvent des spectacles dans les sous-sol des habitations, plutôt que sur des scènes traditionnelles, pour éviter le mécénat d'entreprise ou pour assurer la liberté de la performance. Depuis, alors que de nombreuses salles ont tendance à fuir la musique expérimentale, les maisons (ou les caves) sont souvent les seuls endroits où ces groupes peuvent jouer. L'underground est alors réellement underground, et pourtant les salles de spectacle dans les caves gagnent en renommée dans les grandes villes.

L'éthique punk DIY s'applique également à la vie quotidienne, tels que l'apprentissage de réparation de vélos plutôt que les conduire à l'atelier, la couture (réparation/modification des vêtements plutôt que d'acheter de nouveaux), la culture de jardins potagers, la récupération de produits réutilisables dans les poubelles. Certains enseignants se livrent aussi à des techniques d'enseignement de bricolage, parfois appelé Edupunk.

De ce fait le mouvement DIY est une approche concrète et une mise en pratique de l'écologie et de l'anticapitalisme, par l'anti-consumérisme.

Cela dit la grande majorité des groupes punk "underground" font dans le DIY. Les groupes anarchistes et les plus activistes seront les plus authentiquement DIY. 

Un des albums les plus mythiques de la punk DIY est sans nul doute « Bullshit Detector », qui après sa sortie encouragea beaucoup de musicien à s’autoproduire en marge de l’industrie.


Le musicien le plus légendaire de ce genre à part, est sans nul doute Daniel Johnston, qui réalisa plusieurs enregistrements DIY sur cassettes. Aux États-Unis, on emploiera plus souvent le terme "lo-budget". La pratique du "lo-budget" aux États-Unis se développera rapidement, et le public adepte de ce genre s’élargira aussi rapidement.

Daniel Johnston

Bien souvent, au détriment des genres, des styles, le terme "Punk" est choisi pour définir toute la gamme des musiques "lo-budget". Donc on utilise bien souvent le terme punk indifféremment pour le noise rock, le lo-fi, le garage, le raw, le DIY, etc...

En même temps que cette vague punk déferle, beaucoup de musiciens des années ’80-90 se tourneront vers des explorations musicales d’avantage "expérimentales" et certains se tourneront vers la musique punk-industrielle, bruitisme ("noise music"), noise-rock, techno-punk, autres formes de "lo-budget music". 

Un véritable mouvement "DIY" s’installe en Europe, surtout en France et en Belgique. La musique underground sur "cassettes" contribue même à l’essor de nouveaux genres. Plusieurs productions en « home studio », seront produites dans les années ’80 -’90. 

On peut parler aussi d’une véritable tradition de "noise industriel français" (Cf : notre article : « Musique Industrielle Française »).

Cette vague de musique underground hors-norme contribua, entre autre, à faire de nouveaux adeptes de musique noise-industrielle et à faire du "lo-fi" une nouvelle esthétique. Mais, DIY ne veut pas nécessairement dire "lo-fi" ou "lo-budget", car parfois même si les musiciens s’auto produisent et sont de la scène underground, il arrive que leur enregistrements aient été réalisé avec grand soin sur de l’équipement de grande qualité. Évidemment. la plupart des réalisations DIY sont souvent "lo-fi" et/ou "lo-budget" ; mais DIY, ne veut pas toujours dire "mauvaise qualité sonore" ou "lo-budget".

Engagement politique...

Au-delà d'une simple volonté de récupération, le mouvement "Do It Yourself" (il ne s'agit pas d'un mouvement constitué) se voit comme une alternative politique en opposition au monde d'ultra-consommation dans lequel il baigne. Ses membres sont ainsi souvent liés à l'anarchisme, l'autogestion et aux mouvements squat et punk. Le besoin de créer, d'avoir une certaine indépendance par rapport à l'industrie et aux grands groupes commerciaux, de retrouver un savoir-faire abandonné les pousse à trouver des solutions pour faire le maximum de choses par eux-mêmes, en opposition à la marchandisation dominante, tout en recherchant la gratuité ou les prix faibles.

VOIR AUSSI :

mardi 6 août 2013

"LO-FI"

 L'ESTHÉTIQUE « LO-FI »

La musique "Lo-fi" (ainsi nommé à partir de l'expression " low-fidelity", c'est-à-dire "basse fidélité") concerne des enregistrements sonores de plus faible qualité (selon la norme habituelle pour la musique mise sur le marché). L’expression est apparue à la fin des années ’80 aux États-Unis pour désigner certains groupes ou musiciens underground adoptant des méthodes d'enregistrement primitives dans le but de produire un son sale, volontairement opposé aux sonorités jugées aseptisées de certaines musiques populaires.

Les qualités des enregistrements lo-fi sont généralement obtenus soit par la dégradation de la qualité de l'audio enregistré, ou par l'utilisation de certains équipements.

L’utilisation plus récentes d’enregistreurs 4 pistes à cassettes, d’effets et encore plus récemment d’équipement vintage (recyclés) ont contribué à faire de la musique lo-fi un genre, une esthétique à part, et à part entière.

On rapporte que le terme « lo-fi » aurait été utilisé pour la première fois par l’animateur de radio au WFMU, le DJ William Berger qui a consacré un segment d'une demi-heure de son programme à ce genre musical inusité, auquel il donna alors le qualificatif de "lo-fi". Il y rapportait de la musique enregistrée surtout à la fin des années ’80.

Les racines de l’esthétique Lo-Fi peuvent être datées d'aussi loin que les tout premiers enregistrements réalisés jadis sur des cylindres - une technique mise au point par Edison - et utilisée entre 1900-1904 par Lionel Mapleson à partir d'une passerelle de 12 m au-dessus de la scène du Metropolitan Opera afin d’y capter la musique.

La qualité sonore de ces « Mapleson Cylindres » est très pauvre (d'autant plus qu'ils sont des artefacts "one-of-a-kind") mais dont la qualité esthétique, cependant, participe à l’atmosphère, le sentiment d’authenticité, la captation d'un événement, pris sur le fait.

Il y a une tradition de mélomanes concernant la musique classique qui est devenue une pratique bien ancrée. Certains adeptes de musique classique on développé un goût pour les enregistrements pirates, les enregistrements dit "purs", parfois en raison d’une interprétation peu commune livrée par un grand maestro ou des interprètes légendaires (Bruno Walter, Wilhelm Furtwängler, Toscanini, Rubinstein, Horowitz, Yves Nat, Maria Callas, Kathleen Ferrier, etc...). Cette pratique est à la base de l’engouement pour les enregistrements « live » (public).


Dans la même période historique, commercial, il se réalisera aussi plusieurs enregistrements "catch-as-catch-can" dans le domaine de la musique folk. Des enregistrements de musique folklorique (ou ethnique) ont été créés dans de nombreux pays du monde, parfois avec le seul souci d’archivage, et sont des enregistrements "bruts", qui ne sont pas destinés à convaincre par leur qualité ou leur production sonore.

On retrouve encore cette esthétique sonore dite "lo-fi" dans plusieurs enregistrements de blues de jazz et de folk américain... Parfois, cette qualité sonore procure une certaine magie aux enregistrements, et même cela fait partie de la signature de certains artistes, dont certains sont devenus célèbres comme Robert Johnson, John Lee Hooker, ou la diva Billie Holliday...

Tout de même, tous ces enregistrements (classique, folk, blues, jazz...) étaient souvent réalisés avec les meilleurs équipements de l’époque. Par exemple : un magnétophone à bobines Ampex quart-piste et deux micros Shure mis en "dual mono". Ces moyens techniques avaient les vertus de ses défauts...


Cependant, le terme de «lo-fi», n’est peut être pas le plus appropriés car les preneurs de son de l’époque utilisaient toujours le meilleur équipement disponible afin de capter et reproduire le son le plus fidèlement possible. Évidemment, il y a eut plusieurs avancées dans le domaine des technologies depuis cette belles époques pionnière, mais il faut comprendre que le "Hi-fi" d’alors est facilement considérés comme tout à fait brut, ou "basse fidélité", selon les normes d'aujourd'hui ; perçu comme étant de mauvaise qualité sonore si on compare aux prise de son d’aujourd’hui. C’est au milieudes années ’80 que le "lo-fi" devient une "esthétique", alors que les technologies analogiques passent aux technologies digitales.

C’est peut-être à Buddy Holly à qui l’on doit les premiers véritables enregistrements "garages" réalisés avec un équipement non-professionnel, sans production, sans de véritables arrangements non plus ; et effectivement produit dans un garage converti. Ces enregistrements inusités de Buddy Holly ont malheureusement subis des modifications et ont été overdubbed pour une sortie commerciale.


Le "home studio" dans le garage de Buddy Holly

Des enregistrements posthumes de Hank Williams ont également été overdubbed pour une sortie commerciale. Ceux-ci –pourraient aussi figurés pour être les premiers enregistrements "lo-fi". Mais à cette époque, il ne s’agissait pas encore d’un choix "délibéré"

Le son "lo-fi" est emblématique chez les musiciens rockabilly, et, des artistes comme Jerry Lee Lewis, Carl Perkin, Johnny Burnette, et bien d’autres ont, (sans doute délibérément), réalisés des enregistrements hors-studio, des "one take", qui, malgré leur faible qualité, expriment peut être avec plus d’authenticité et de véracité la saveur de cette musique, le côté rebelle, sauvage... Jerry Lee Lewis en a réalisé beaucoup, et plusieurs restèrent non publiés jusqu’à l’avènement du CD.

Il faut bien comprendre la différence entre le "lo-fi délibéré" (intentionnel) et le "lo-fi nonobstant" qui est non-intentionnel et existe par pauvreté de moyens ; on peut alors parler d'enregistrements "lo-budget", concernant ces derniers.

Certains prétendent que c’est Bob Dylan qui est le premier à avoir publié délibérément des enregistrements "lo-fi" en 1975 avec ses « The Basement Tapes », démos de 1967 ; et à avoir rejoint le grand public, et à avoir amené le son "lo-fi" dans le domaine de la pop. Cela est absolument faut !

Bob Dylan a été profondément inspiré par les vieux enregistrements « folk-blues ».

Du reste, on peut aussi citer les enregistrements "bruts" du plasticien Jean Dubuffet, réalisés dans les années '60 et 70 ; des morceaux d'improvisation de compositions vocales et instrumentales avec bandes magnétiques, le tout capter sans tenir compte de la qualité sonore et des moyens techniques.

Enfin, il apparait que la palme du premier album véritablement, délibérément "lo-fi" revient au « Million Dollar Quartet », (qu’elle ironie!) formé d’Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Johnny Cash et Carl Perkins, qui ont convaincu Sun Record de publier des enregistrements "one take". Ce fut le premier album "pop", délibérément "lo-fi".


Par contre, à cette époque, le grand maître incontestable du son Lo-Fi est sans nul doute Hasil Adkins, pionnier de la musique psychobilly.


Hasil Adkins a inspiré plusieurs musiciens avec ses enregistrements de piètre qualité, mais ce son unique, "lo-fi", est devenu peu à peu une référence pour les adeptes de rockabilly. Cette esthétique sonore singulière, à l’époque plutôt considéré pour être du "dirty sounds" a été l’affaire de ce rockabilly inconvenant.


Cette esthétique lo-fi, particulière, est aussi un élément que l’on retrouve chez les adeptes de musique surf et qui contribuera beaucoup à l’avènement de la "psychobilly" et de la musique dite "garage". Entre autre, Link Wray produisit plusieurs enregistrement "lo-fi", et même établit "un son", un style, absolument "rockabilly-surf-garage".

Le son lo-fi, en tant qu’esthétique "préméditée", fut aussi la signature de certains groupes du middle-east américains. Il faut certainement faire référence à la vague d’enregistrements "garages" qui fait suite à la fièvre du rock’n’roll. Au départ, plusieurs enregistrements de musique "rockabilly" était réalisés avec les moyens du bord, comme on dit. Ces enregistrements, pour la plupart, n’était pas vraiment destinés à une large diffusion. C’était là pour la plupart des productions locales, des réalisations "home made". On pourrait rattacher ce genre à celui du "Do It Yourself" (DIY).

Il faut très certainement avouer que le goût pour ce « son » vient d’un attachement aux vieux enregistrements de musique blues, jazz, et aussi de country... C’est le son que plusieurs musiciens recherchaient encore au détriment des innovations dans les domaines de la prise de son.


Plusieurs groupes qui verront le jour après le "phénomène Beatles", enregistrerons des albums sans recourir à des studios d’enregistrements et des maisons de production. 

Si les Beatles eurent la faveur du public, en ayant recours à de nombreux moyens de marketing et à un son produit par les meilleurs producteurs, dans les meilleurs studios de l’époque, à côté d’eux, le groupe emblématique du son « lo-fi » est : The Sonics.


The Sonics, avec son énergie sauvage et ses guitares saturées, devient un son de référence. Mais cela bien malgré eux... The Sonics ne voulaient pas "délibérément" avoir un son "lo-fi".

Par contre, c’est presque aussitôt, à la même époque, que des albums "délibérément lo-fi", vont être enfin diffusés, et que ce son sera une esthétique à part entière.

L’idée revient sans aucun doute, au départ, à Andy Warhol ; qui présentera un univers sonores ou une pièce musicale comme étant, ni plus ni moins, une sorte de "ready-made". Proche aussi de "l’art brut".


Andy a réaliser toutes sortes d'enregistrements, des photos et des films, dans la gamme du "lo-fi". On peut le considérer comme le tout premier à avoir intentionnellement adopté cette esthétique.


Cela dit, Andy Warhol produira toutes sortes d’enregistrements à l’aide d’un petit magnétophone à cassette. Les premiers enregistrements du Velvet Underground ont été réalisés de cette manière, par Andy lui-même. 


Cette fois, pas de doute : les premiers albums du Velvet Underground sont bel et bien des enregistrements "intentionnellement lo-fi".

Sans aucun doute les premiers enregistrements du Velvet, ainsi que ceux des the Stooges (produit par John Cale), sont des exemples d’enregistrements, à l’état "brut", et absolument de catégorie "lo-fi", et cette esthétique particulière était intentionnelle.

Dans les mêmes années entre la production de ce nouveau genre "rebelle" et la sortie officielle d’enregistrements "live", assez bien diffusés quand même, il y a aussi un marché de plus en plus grandissant du côté des enregistrements bootlegs, où encore une fois la mauvaise qualité sonore au lieu d’être un obstacle ajoute à l’authenticité.

D’ailleurs, vers les années ‘90, les compagnies de disques comprendrons bien qu’il y a un marché pour ces enregistrements de mauvaise qualité, et il y aura une vague de "ré-éditions", de versions "originales", de "bloopers", de travail à l'improviste, inédits, etc... (Moins cher que d’enregistrer de nouveaux artistes à grands frais).

Donc, des artistes lo-fi enregistreront sur de l’équipement désuet ou de basse qualité, sous prétexte de nécessité financière, mais aussi, parfois en raison de l'esthétique unique de ce la sonorité "lo-fi".


La croissance de l’esthétique lo-fi a coïncidé avec la croissance d’idées anti-commerciales. C’est aussi une révolte à plusieurs points de vue, s’attaquant, entre autre à l’industrie de la musique mais aussi, à la manipulation exercé par les médias et envers aussi le système capitaliste.

L’esthétique Lo-fi peut donc être vue comme un contre- mouvement, s’attaquant à la structure du système et qui n’est pas sans liens, donc, avec des idées politiques. Entre autre, le "lo-fi" est une esthétique privilégiés par les anarchistes. En somme, le son "lo-fi" devient la voix de ceux qui sont désabusés des politiques et du système, et dégoûtés de la musique commerciale. De fait, ce sera la voie empruntée par les musiciens punks.

Parmi les pionniers de cette esthétique, il faut citer les œuvres uniques, inusités et incontournables du "popster" R. Stevie Moore et du groupe sans comparaison, the Residents. 

The Residents est un collectif d'artistes américain formé en 1972. Plusieurs albums des the Residents comportent de réinterprétations, passablement déconstruites ou transposées dans d'autres systèmes d'accords ou de tempérament, souvent des morceaux du répertoire musical traditionnel ou commercial. Il s’agit toujours d’extraits d’archives, donc nécessairement "lo-fi".

La plupart des albums de the Residents ont délibérément opté pour un esthétique "lo-fi". The Residents est le premier groupe qui réalisera des enregistrements en faisant de l’esthétique "lo-fi" un élément important et même indispensable à la création.


L’album « Meet The Residents » (1975) commence avec une citation vocale et quasi-méconnaissable de la chanson à succès composée par Lee Hazelwood pour Nancy Sinatra « These Boots are Made for Walking » et poursuit le processus de déconstruction de la chanson populaire avec un genre de karaoke et scratch sur platine du succès « Nobody but me ». L’expérience se poursuit encore plus intensément avec l’album « The Third Reich 'n' Roll », sorti en 1976...

Paru en 1978 le single « The Beatles play the Residents and the Residents play the Beatles » contient un morceau uniquement produit à partir de découpages de chansons des Beatles.

De son côté, dès 1976 le musicien multi-instrumentiste R. Stevie Moore commence à réaliser des enregistrements home-made absolument savoureux et qui

Le premier album de R. Stevie Moore « Phonography », créé en 1976, compte aussi parmi les premiers bricolages lo-fi.


Moore et the Residents sont les pionniers de ce genre. Ils sont les premiers musiciens qui parviennent à faire de l’esthétique « lo-fi », non pas un défaut de qualité mais plutôt un aspect nécessaire des créations musicales.

Dans le livre biographique de Monte A. Melnick, « On the Road with the Ramones », le producteur Thomas Erdelyi considère le premier disque du groupe pour être un «grand album lo-fi".


Les groupes Metal Urbains et Suicide ont aussi réalisés des albums considérés comme des classiques lo-fi...


L’album « L’Âge d’Or » de Metal Urbain est pratiquement un "album culte", sinon c’est l’un des plus incontournables du genre, un chef-d’œuvre exquis absolument "lo-fi". Une référence. Même chose pour le premier album du groupe Suicide, un autre album légendaire.


Années 1980...


En tant que terme pour décrire un genre musical, le qualificatif "lo-fi" est principalement associée à des enregistrements à partir des années ’80. D’autant plus présente lorsque la technologie multipistes fut rendu possible grâce sur des magnétophones à cassette comme le Tascam quatre pistes "Portastudio". Ces petits studios portatifs devenus largement disponibles permettrons à de nombreux musiciens de s’auto produire... Mais leur but n’est sans doute pas d’obtenir un mauvais son... On parle donc d’une qualité lo-fi, mais ces enregistrements sont d’abord et avant tout à classer dans la vague du "DIY" ("Do It Yourself").

Parmi les humbles musiciens, peu connu mais ayant été parmi les véritables pionniers du mouvement DIY et de l’esthétique Lo-Fi est l’artiste Daniel Johnston. Un des artistes les plus représentatifs et authentiques de cette esthétique singulière.


On peut sans doute considérer plusieurs groupe de la vague "punk" pour avoir réalisé des enregistrements volontairement "lo-fi". On le retrouve chez de nombreux groupes, avec encore plus d’emphase chez les groupes décidément anarchistes, comme Crass, DRI, Exploited...

Encore une fois, la mauvaise qualité sonore peu parfois devenir une marque de commerce, une manière de faire, et c’est le cas pour des groupes comme the Ex, Young Marble Giants, Flux of Pink Indians...

L’exemple ultime de la punk "lo-fi" est l’album compilation : « Bullshit Detector ».


Du côté des musiciens célèbres de la pop, en 1982 on verra Bruce Springsteen s'inspiré de l’esthétique lo-fi pour son album « Nebraska ». 

Une autre avenue qu’empruntera l’esthétique lo-fi autour de cette période, est celle de la musique dite "noise/industrielle" : Throbbing Gristle avec leur album « United », plusieurs enregistrements de Psychic TV, Thomas Leer avec « Private Plane », Einstürzende Neubaüten « Kollaps »... Plusieurs enregistrements de groupe dédiés à la noise music comme the Haters, QRN, Last Few Days, Dada vrac Vacarme, Caca flac Cascade, Merzbow, SPK, Club Moral, Zoviet France, the Sodalty, Tibetan Red, Blind Hunters, Hertz Hybrides, Fuoko, Meer Staal, etc... Étant donné les moyens techniques utilisés pour réaliser leurs enregistrements, la majorité de ces groupes sont forcément "Lo-fi". 

Même phénomène du côté de la no wave ou de la musique techno industrielle, par exemple chez 39 Clocks, DAF, Bourbonese Qualk, Cabaret Voltaire (à leurs débuts), sont plus que délibérément "lo-fi", mais aussi "lo-budget" et se veulent "anti musique" commerciale, donc "anti-norme", etc... Ce qui classent aussi ces groupes dans le genre "no wave".

Rockabilly junk...

Du côté du rockabilly, en Arizona la tradition "lo-fi" est profondément ancrée. On y retrouve un style Lo-Fi très particulier, fortement inspiré de la country-rockabilly, et très redevable à l’attitude désabusée d’un Hasil Adkins.

Une véritable tradition "lo-fi" s’établit d’abord avec les légendaires Doo Rag, puis ensuite les Mondo Guano, et enfin, Bob Log III... Bob Log a été membre de Doo Rag et de Mondo Guano. Il est a l'origine d'un style très particulier, très "local", inspiré directement de Hasil Adkins et de la "dirty rokabilly". Une sonorité très "south-west", très en rapport avec l'esprit qui se dégage dans l'underground - plus particulièrement en Arizona. Les enregistrements de Doo Rag, Mondo Guano et Bob Log III sont franchement "lo budget", absolument "lo-fi" et sont une des nombreuses manifestations du mouvement DIY.


Beaucoup d'artistes associés au mouvement lo-fi, en Arizona, comme Bill Callahan, Mick Star, Marco Polo, Pork Torta, ou Bob Log III, ont rejeté catégoriquement l'utilisation de matériel d'enregistrement de qualité, en essayant de garder leur son brut. Bob Log s’inspire directement des enregistrements d’Hasil Adkins.

Le genre "garage lo-fi" atteint son apogée avec the Mummies. Inspiré encore Hasil Adkins, des Sonics, et des Stooges. Les the Mummies propose une parfaite osmose entre rock’n’roll acide, garage rock, psychobilly, et punkitude disjonctée... the Mummies considèrent qu'ils sont du domaine du "lo-budget".


Enfin, si dans les années ’80 l’esthétique lo-fi se voulait inconvenante, dérangeante et anti-commerciale, à partir des années ’90, et encore plus au tournant du 3ème millénaire, ce son est devenu plutôt une référence. C’est devenu une question de goût. Et même, une manière de s’associer aux artistes insoumis de l’avant-garde... Dorénavant, l’esthétique lo-fi est de bon goût, c’est devenu un "must". Or, on verra de plus en plus d’artistes exploiter le filon.

Entre autre, les groupes se réclamant du Lo-Fi se sont rapidement imposés en tant qu'instigateurs d'un des mouvements majeurs de la scène indépendante américaine de cette époque.

À la tête de ce mouvement, Pavement, Sebadoh et Guided by Voices développèrent un genre musical caractérisé par des compositions mélodiques, bien que fortement imprégnées de sonorités expérimentales souvent dissonantes et cacophoniques, ou simplement induites par la piètre qualité des enregistrements. D'où l'utilisation du terme Lo-Fi.

Ce fut d'une certaine manière le mouvement grunge qui révéla l'esthétique lo-fi, et suscita par la suite un bon nombre d'adeptes.

C'est donc en défendant les valeurs qui avaient caractérisé les vagues punk et hardcore des années ‘80, c'est-à-dire l'indépendance face aux grandes compagnies de disques (les majors) et l'auto-promotion de la scène locale et nationale par des moyens alternatifs, que le Lo-Fi se démarqua du lot. 

Attitude qui se reflétait dans le caractère amateur, ou garage, de la réalisation des albums lo-fi : l'idée que la qualité douteuse de l'enregistrement contribuait à l'impact artistique de l'œuvre était alors devenue la règle parmi les groupes du genre.

Quelques années plus tard, le Lo-Fi fit son apparition dans les réseaux de production et de distribution traditionnels avec des artistes majeurs comme Beck (« Mellow Gold ») et Liz Phair (« Exile in Guyville »), qui contribuèrent à populariser l'utilisation d'appareils 4-pistes ou autres dans la réalisation des albums.

La plupart des artistes indie-rock doivent aujourd'hui une large part d'influence aux différents groupes Lo-fi des années 1990 et l'on est en mesure d'entendre cette marque chez plusieurs groupes de la toute récente vague garage/new wave/punk (the Strokes, White Stripes, The Kills, The Unicorns).

À partir des années ’90, le lo-fi trouvera un large public, et on retrouvera cette esthétique chez : Aphex Twin, Beck , Blur, Enrico Curreri, Sebadoh, Guided by Voices, Smog, Spookey Ruben, Mercury Rev, Sparklehorse, Pavement, Modest Mouse, Neutral Milk Hôtel, Operation Ivy, Liz Phair, Will Oldham, Yo La Tengo, Jon Spencer Blues Explosion, Ween, Elliott Smith, David Kilgour et ensuite, cette tendance se poursuit avec les musiciens et groupes dits de la vague "indie" (musique indépendante), avec The Apples in Stereo, Dr. Chien, Le Tremor Control Olivia, Elf Power, Beulah, Of Montreal, Mike Rifone, Sufjan Stevens, Iron & Wine, The Shins et Boards of Canada.

Par contre, si on peu parler de l’utilisation ou de l’intégration de l’esthétique lo-fi chez ces musiciens, on ne peut pas parler ici de musique résolument lo-fi. Les musiciens qui sont carrément lo-fi sont assez rares... Parmi les plus téméraires, on compte Bob Log III, Bill Callahan, Daniel Johnston ou Mick Star ; et parmi les plus nouveaux et innovateurs dans ce genre, il faut nommer, sans nul doute Dirty Beaches (en fait nom de scène de scène du musicien Alex Zhang Hungtai).


Du côté du black metal, il y a aussi certains groupes qui ont embrassé l'idée de la lo-fi, surtout vers la fin des années ‘80 et au début des années 1990. Cela coïncide avec l’idée de s’efforcer de se distancer et de se différencier de la musique pop. La plupart des groupes ont enregistré leurs albums sur des équipements non-professionnels, dans des home-studio ou des studios à petits budget.

Le premier groupe black metal ayant adopté l’esthétique lo-fi, dans les années 1980, est Venom. L'idée de Venom d'enregistrer en lo-fi des albums fut reprise lors des années 1990 par la grande majorité des groupes de black metal comme par exemple Mayhem. Ceux-ci recherchent une saleté qui doit retranscrire ce que leur musique signifie. On parle aussi de raw.


Le meilleur exemple de "lo-fi intentionnel" est illustré par le groupe de black metal Darkthrone, d’abord sur leur album « Transilvanian Hunger ». La quasi-totalité de leurs albums ont une qualité sonore intentionnellement "lo-fi".


En fait, le groupe a commencé par produire des albums tout à fait clean, avec un son propre, avec production studio impeccable pour se tourner tout à coup vers un son de plus en plus "brut" et capter à la manière d’un "live". Le band considéré pour être "death metal" a procéder à une métamorphose complète en adoptant l’esthétique lo-fi et leur enregistrement de faible qualité sont vite devenu un son de référence dans le domaine de la musique black metal ou même chez le goth-metal.

Varg Vikernes du groupe black metal Burzum a également décidé d’utiliser délibérément des techniques d'enregistrement "lo-fi" pour la réalisation de leurs albums. Pour l'album « Filosofem », Varg a dit avoir délibérément demandé à un magasin local pour le microphone le moins cher qu'ils avaient, et ils lui ont vendu un casque d’écoute, qu'il a utilisé pour enregistrer des voix sur l'album. Pour la guitare, il a dit avoir utilisé une pédale distorsion branchée à un récepteur stéréo, ce qui produit en fait ce ton particulier de la guitare bourdonnante, cette particulière sonorité floue qu’on retrouvera sur tout l'album.


On trouve aussi actuellement un nombre considérable de groupes de black metal s'enregistrant en lo-fi. Cela dit, le terme "brut" est généralement préférable à celui de "lo-fi" chez les adeptes de black metal.

Actuellement, il ya une proportion de plus en plus large de groupes lo-fi dans (surtout aux États-Unis et au Canada), à la base du mouvement "indie", c'est-à-dire de musiques "indépendantes". parmi eux des groupes et musiciens de réputations notables incluant : Two Gallants, Bark Bark Disco, Chaoticum, Wavves, No Age, Times New Viking, Rogue Wave, Best Coast, Ty Segall, Gonjasufi, Ghosts of Pasha, Vivian Girls, Señora Lola, Les écharpes, anciens fantômes, Zola Jesus, Sweet Slumber Party Valley, Emily Reo et verre Graves.

On pourrait aussi parler d’une "esthétique lo-fi" dans le domaine des musiques électroniques, ou "techno", et plus récemment de "Lo-Fi Numérique"...

L’esthétique lo-fi peut également se rapporté à la techno réalisées avec des instruments désuets, des synthés bas de gamme, ou avec de l’équipement de basse fidélité, des ordinateurs 8-bits, du "circuit bending", etc... À ce sujet on peut consulter les albums compilations archives, "New Wave Complex" (en 16 volumes), qui donne un apperçu assez complet des enregistrements "lo-fi" ou "lo-budget" réalisés en ce domaine dans les années '80, '90...


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